Vagabondage au pays du soleil de minuit

Laponie 2013 Fanny Cathala 2

L'océan était en vue depuis que nous avions atteint notre dernier bivouac, la nuit précédente. Une ambiance maritime régnait depuis déjà deux jours. Les -25°C du massif de Sarek, au coeur de la Laponie suédoise, étaient bien derrière nous.

Le temps avait changé. On ne pouvait pas le qualifier de totalement pourri, mais plutôt de "capricieux".

Laponie

Le ciel changeait fréquemment avec des giboulées de neige humide; des conditions inimaginables il y a seulement deux semaines en arrière. La nuit précédente, nous avions enfin atteint le sommet du Fjord vers lequel nous nous dirigions depuis si longtemps.

Notre voyage touchait à sa fin. Nous achevions notre migration au coeur du pays des Sami, peuple éleveur de renne de cette région.
Un périple que les troupeaux auraient effectué en deux mois, sous le soleil de minuit.

Laponie

La plage d'Hellemobotn était sous nos pieds, 800 mètres plus bas. Nous avions pensé si fort à cet instant lorsque nous étions au milieu des profondes forêts de sapins. Nous en avions rêvé. Nos pulkas nous entraînaient vers le bas, visiblement aussi impatients que nous d'arriver. Notre itinéraire zigzaguait à travers les arbres et les falaises. Il fallait rester concentrés, sachant que le plus dur était devant nous. Personne ne descend le fjord Hellemobotn en hiver. Nous savions qu'une falaise en bloquait l'accès depuis le haut. 300 mètres au-dessus du niveau de la mer il était impératif de trouver le passage sur des dalles lisses et glacées.

Deux heures plus tard, nos pulkas étaient enfin alignés côte à côte au pied de la pente.
Nous avons ôté nos baudriers avant de continuer. 3 kilomètres de ski à travers la forêt, le long d'une rivière cristalline. Un courant furieux s'échappait de la glace pour danser au milieu des rochers. L'écume vaporisait l'air ambiant avant de replonger dans les vagues. Les multiples traces d'animaux et les odeurs du printemps venaient nous rappeler un monde que nous avions presque oublié.

Un incroyable contraste après deux semaines plongés dans la blancheur et le silence.
Fanny Cathala, Rail and Ride

Fanny Catala



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