The Long Road to the Ruth, Episode 2, Ham & Eggs

Nous sommes vendredi matin, à l’aéroport international de Salt Lake City, et je suis déjà crevéJe sens déjà les effets du manque de sommeil de la nuit dernièrepassée à paqueter le matériel et procrastiner, sous l’effet de l’excitation et de l’appréhension mélangées. 

Dans l’avion, le commandant de bord nous annonce nonchalamment que notre vol sera sans doute “un peu perturbé” par quelques orages. Pour moic’est le code pour “merdeça va secouerJe serre un peu plus la ceinture de mon siège, comme si cela faisait une différence. 

 

Quelques heures plus tard, nous arrivons enfin en Alaska ! Mon partenaire Madison et moi quittons l’aéroport et filons tout droit vers le Wal-Mart local pour faire le plein de nourriture, après quoi nous rejoignons l’océan  nous attendons notre transfertdevant notre premier coucher de soleil d’Alaska. 

 

Vers 22h30 nous embarquons dans le camion de notre ami et commençons notre remontée vers la petite ville de Talkeetna, porte d’entrée de l’Alaskan Range. Nous arrivons en fin de soirée au baraquement du TAT (Talkeetna Air Taxi), un beau petit bâtiment de deux étages mis à disposition pour les grimpeurs volant avec cette compagnie.  

 

Le matin suivant, nous engloutissons un énorme petit-déjeuner au resto routier du coin, qui finit de nous faire émerger d’une autre nuit trop courte. De retour au TAT, nous vérifions les conditions de vol. Les prévisions annonçant un grand ciel bleu pour la journée, nous avons le feu vert pour décoller. Une heure et demi plus tard, nous sommes en route pour l’une des contrées les plus magnifiques – et intimidantes – que j’ai jamais vues. 

 

 The Ruth Gorge

 

Alors que l’avion survole l’horizon hérissé de montagnesje prends mon appareil photo et me mets convulsivement à prendre des photos de tout ce que je voisDoucement, le paysage se révèle et la Ruth Gorge apparaît dans toute sa grandeur. 

Peu de temps plus tard, dans la neige jusqu’aux genouxme voici au camp de base du massif de Mosse’s Tooth. Le petit avionsymbole de sécurité et de confortdisparaît progressivement. Tout comme la confiance que j’avais jusqu’iciJe me sens soudain tout petit devant ce monolithe de plus de 1 000 m de haut. 

 

La montagne accueille notre arrivée d’une chute de séracrésultant d’une avalanche lointaineMais qu’est-ce que je suis venu faire ici ? 

 

Heureusementje n’ai pas le temps d’épiloguer sur mes question existentielles. Le camp de base ne va pas smonter tout seul. Nous commençons rapidement à piétiner un espace pour nos tentes, et à monter un mur massif à faire pâlir de jalousie Donal J. Trump. Les prévisions météo, au mieux imprévisiblesannoncent une fenêtre favorable de deux jours pour grimper la voieMalgré<span class="NormalTextRun S

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