Nouvelles perspectives dans la Face sud du Nuptse – Interview


Helias Millérioux et Robin Revest font partie de nos ambassadeurs « haut niveau », qui comptent parmi les guides et alpinistes les plus doués de leur génération.

Helias revient tout juste du sommet du Nanga Parbat tandis que Robin a écumé les grandes courses du Massif du Mont-Blanc tout au long de l’été avec ses clients.


Ils repartent dans quelques jours en expédition avec leurs amis guides Benjamin Guigonnet  et Fred Degoulet. La même équipe qui a réussi il y a deux ans une impressionnante ouverture sur le face du Siula Chico au Pérou (Looking for the Void….).


Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre prochain projet ?


Robin : Nous partons en Himalaya, au Népal dans la région du Khumbu. Notre intention est d’ouvrir une voie directe dans la face sud du Nuptse (7 862 m). On vise une ligne vierge assez directe sur un sommet plus à l’Est que le sommet principal (le Nuptse forme une chaîne assez étendue d’environ 2 km de long).


Helias : Dans cette face il n’y a que trois voies :

– l’originale « Bonnington »

– la voie de Valery Babanov

– la voie de Stef Benoist et Patrice Glairon Rappaz


Quel est le type de difficultés auxquelles vous vous attendez ?


Helias: Pour la petite histoire, nous y sommes allés l’année dernière avec Benjamin Guigonnet (car nos deux autres compagnons n’étaient pas dispos) et nous n’avons pas pu monter beaucoup dans la face. Les conditions météo étaient défavorables, avec beaucoup de vent.

Nous nous attendons à d’importantes difficultés techniques, pas aussi élevées qu’au Pérou mais très élevées pour cette altitude.


Comment vous préparez-vous à cela d'un point de vue logistique ?


Robin : On va faire une cordée de quatre car on a vu que cela fonctionnait bien précédemment, pour nous répartir les efforts.


Helias : Comme ça va être technique et long (la face fait quand même 2 300 mètres de dénivelé) avec une sortie à haute altitude, c'est un gage de sécurité d'évoluer à quatre.

Il y a du monde qui va faire des tentatives presque tous les ans mais ça ne marche pas. Par exemple l'année dernière Ueli Steck et Colin Haley y étaient en même temps que nous. Ils voulaient répéter la voie Babanov mais ça n'a pas marché. Même chose de notre côté. Finalement nous avons tenté ensemble la voie Bonnington: ça n'a pas marché non plus.

Le Nuptse c'est dur, c'est gros et il y a beaucoup de paramètres à gérer comme l'exposition aux avalanches, le vent...


Quelles exigences avez-vous par rapport au matos ?


Robin: Un des points clés est la légèreté, car on va grimper comme dans les Alpes, sans trop hisser avec chacun un sac à dos et de quoi être autonomes pour environ une semaine: tente, duvet, gaz, bouffe, etc.


Robin : On allège bien sûr le matériel technique car à quatre il est possible de se répartir les choses : cordes, dégaines, coinceurs, pitons... Ceux qui grimpent en second n'ont en fait que leurs vivres de course et de quoi se couvrir dans leurs sacs.


Robin & Helias : On choisit tout ce qui se fait de plus léger en matériel : on a des duvets à 800 g, une tente d'1 kg, des poudres énergétiques. Nous sommes rentrés dans l'ère de l'élevage intensif d'alpinistes ! (rires) On utilise des baudriers Choucas et un Yeti 50L customisé (nous avons coupé quelques sangles) qui ne pèse que 900 g.


Et en terme d’altitude, vous montez d’un cran dans ce niveau de difficulté, comment voyez-vous les choses ?

Robin : Il y a une part d’inconnu pour une partie de l’équipe car nous n’avons pour l’instant grimpé que jusqu’à 7000 mètres. Pour Helias, l’expérience du Nanga Parbat d’il y a deux mois est un atout important.

Néanmoins, comme ça s’est bien passé jusque là nous sommes relativement confiants et nous gérerons notre ascension en fonction de nos capacités, comme nous l’avons toujours fait.


Helias : Ce qui va être le plus important c’est notre stratégie, au delà du fait d’être légers et de bien grimper. L’emplacement des bivouacs, le rythme des journées pour avoir le temps de récupérer et de s’installer à l’abri. L’emplacement du dernier bivouac avant le sommet aussi, pour être les plus proches possible (300 mètres de dénivelé max) et être sûrs de le tenter dans des horaires convenables afin d’éviter le froid et la nuit, toujours problématiques en haute altitude.


Comment pourra-t-on suivre votre ascension ?


Nous alimenterons nos pages Facebook respectives (Helias et Robin)

Depuis le lodge qui est au plus près de la face, il y a Internet et nous pourrons envoyer des nouvelles.

Nous aurons également un tracker qui vous permettra de suivre notre ascension en direct et qui nous permettra d’envoyer des sms de là-haut.


Retour prévu début novembre au plus tôt mais nos gaillards sont prêts à prolonger leur séjour pour optimiser leurs chances de réussite…

Stay tuned !

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