Faut-il avoir des c… pour partir en expédition ?

Lorsque l’on parle d’alpinisme, on pense à des noms comme Whymper, Preuss, Cassin, Bonatti, ou Desmaison. En expédition, on retient ceux d’Herzog, Bonington, Messner ou Steck… Mais où sont les femmes ?
Même pas un petit gramme de finesse dans ce vaste monde de brutes ?

Pour le savoir, il faut accepter de changer un peu de regard et observer l’histoire des expéditions sous un angle plus objectif.


Aperçu de 5 femmes alpinistes et himalayistes qui « en ont » :


– Henriette d’Angeville (1794-1871), la « fiancée du Mont-Blanc », fut la deuxième femme à gravir le Mont-Blanc en 1838. Elle réalisa bon nombre d’autres ascensions dans la foulée (y compris une hivernale). Succédant à l’exploit de Marie Paradis (première femme au Mont-Blanc en 1811), elle s’en distingua par le fait qu’elle se passa de l’aide de la gente masculine.

Henriette d'Angeville

J. Hébert — Aus Segogne: Les Alpinistes Célebres. Paris 1956. Photo J.Colomb-Gérard / Ciba Rundschau 1965/4 S. 29 / Collection G. & C. Franke (Repro)


– Wanda Rutkiewicz (1943-1992) fut l’une des premières femmes à avoir gravi plusieurs sommets de plus de 8 000 mètres après avoir été une championne de volley-ball et rallye woman ! Personnalité forte doublée d’un tempérament d’entrepreneuse, Wanda avait créé le R.H.M (Rendez-vous Haute Montagne), réunion exclusivement réservée aux alpinistes féminines.

Elle disparue tragiquement au Kangchenjunga en 1992.

Wanda Rutkiewicz

©Seweryn Bidziński


– Alison Hargreaves (1962-1995), première femme à avoir atteint le sommet de l’Everest sans oxygène, savait aussi se mesurer aux hommes sur le terrain alpin (comme après avoir réalisé les trois grandes faces nord en solo durant le même hiver !). Son fils Tom Ballard prouve aujourd’hui qu’elle avait du génie et de la détermination dans le sang.

Alison Hargreaves

©John Paul


– Chantal Mauduit (1964-1998), alpiniste française, a réalisé entre 1992 et 1997 l’ascension de six sommets de plus de 8 000 mètres, en style alpin et sans oxygène. A noter à sa liste de courses, le K2 par l’arête des Abruzzes et deux ascensions en solitaire, le Lhotse (8516m) et le Manaslu (8163m), à quinze jours d’intervalle. Son livre « J’habite au paradis » résume bien l’état d’esprit dans lequel elle effectuait ses projets…

Chantal Mauduit

©Nacho Orviz


– Elisabeth Revol, l’une de nos premières ambassadrices, semble faite du même acier…

Membre des équipes féminines de haut niveau de la FFCAM, plusieurs 6 000 boliviens à son actif, elle a commencé sa carrière himalayenne par l’enchaînement de trois sommets de plus de 8 000 : Gasherbrum I, Gasherbrum II et Broad Peak, en solo s’il vous plait…

Puis entre 2013 et 2015, c’est sur le Nanga Parbat qu’elle a jeté son dévolu, en hiver. C’est avec discretion, sans oxygène et en style alpin qu’elle attaque inlassablement ces morceaux d’Himalaya.

Elisabeth Revol


Plusieurs grosses tentatives qui, jusqu’ici n’auront pas abouti. Néanmoins, si l’échec fait partie de ce genre d’entreprise, pour Elisabeth l’abandon ne fait pas partie des options.

Elle se prépare aujourd’hui pour de nouveau projets et nul doute que nous entendrons parler d’elle dans les mois à venir.

Elisabeth Revol


Alors faut-il avoir des c… pour partir en expé ? A coup sûr non ! Le courage, l’engagement, la volonté et l’habileté semblent se trouver ailleurs, et les femmes alpinistes n’ont rien à envier à leurs confrères, bien au contraire.
Chapeau les filles !



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